Il reste dans la production automobile quelques modèles des années 70 toujours d'actualité et que les normes anto-pollutions n'ont toujours pas rattrapées. En fait le "G" de Mercedes, que tout le monde connaît, est tellement réputé que le constructeur le remet régulièrement à niveau afin qu'il reste homologué. 2 raisons à cela : la conception très spécifique et la très habile récupération commerciale créant autour d'une lettre tout une gamme à présent plus que complète surfant sur le tendance actuelle. GLA, GLC, GLE, GLS et bien sur G qui possède à ce jour une gamme à partir de 91 800€ !

Mais revenons à l'origine. Nous sommes au début des années 70. Steyr-Daimler Puch est issu du rassemblement de 3 firmes. Steyr est une fabrique d'armes fondée en 1864 et venue à l'automobile en 1971. Elle s'était associée en 1934 aux marques Austro-Daimler et Puch. Puch est une marque datant de 1889 du nom de son créateur. Spécialisé dans la mécanique elle est connue pour ces motos avant d'être rachetée par le groupe Piaggio en 1987. Il faut dire que des liens existaient avec la maison Fiat pour la distribution de ces modèles en Autriche. C'est donc sous ces 3 entités qu'un véhicule tout terrain est élaboré. Mercedes est chargé de la conception, le développement ou encore la mise au point et Puch va être chargé de la partie industrielle pour la production.

G signifie Geländewagen ou G-Wagen est un véhicule développé à des fins militaires dans une Allemagne sortant à peine de la reconstruction. Il sera proposé aux différentes armées européennes en même temps que le Volkswagen Iltis (traité il y a peu dans mon blog) mais le G de Mercedes remportera bien souvent la mise (photo du prototype en bois de 1972 à la fin). Son architecture est volontairement simple et rustique comme exigé dans le cahier des charges mais se doit d'être très efficace en situation tout terrain sans pour autant négliger les conditions de routes de liaisons quotidiennes. Ainsi le G ne ressemble pas du tout au reste de la gamme Mercedes de l'époque qui s'articule autour de l'équivalent de la E d'aujourd'hui (la caisse W123), du paquebot S ou encore du roadster SL. En fait seule la calandre l'identifie à la marque avec ces gros optiques ronds et son énorme étoile comme sur la série W123. Cela permet alors la marque Puch de commercialiser le même véhicule dans certains pays comme l'Autriche, la Suisse ou des pays d'Europe de l'Est mais avec son logo (photos). Par contre Mercedes garde la main sur la technique puisque non seulement c'est elle qui fournit les moteurs et les boîtes de vitesses à 4 rapport mais surtout elle propose, à l'instar de Puch, la possibilité d'avoir une boîte de transfert à 2 rapports avec un blocage de différentiel à l'avant et un second à l'arrière pour obtenir une redoutable efficacité

Lors de sa commercialisation chez nous pour le millésime 1980 (à partir de juillet 1979 ), seules 2 motorisations sont disponibles. La version essence est la plus puissante puisqu'il s'agit du 2.3 litres carbu développant 90cv. Le diesel est le 2.4 litres de 72cv. 3 ou 5 portes tôlée (appellation "break" court ou long) voir bâchée (uniquement version courte), les prix vont alors de 103 000 à 130 000 francs environ soit des prix se situant alors entre les gammes berlines (200 à 300) et les luxeuses séries S. Avec 122 ou 105 km/h en pointe, le G ne cache pas qu'il a été taillé à la serpe et étudié avant tout pour évoluer en terrains difficiles voir extrêmes. Il faudra attendre l'année suivante pour apprécier le 5 cylindres en ligne diesel  de 88cv. Ce 300 GD est plus performant et oncteux (114 km/h en pointe) avec une version longue qui dépasse alors les 140 000 Francs.C'est pour le millésime 1982 que le G reçoit 2 évolutions et surtout hérite d'un premier moteur à la hauteur de ces ambitions. L'évolution vient du 2.3 litres essence qui adopte une injection mécanique lui permettant d'arriver à 125cv. La version 280GE possède pour sa part un 6 en ligne de 156cv, 150km/h en pointe, des reprises plus convaincantes mais avec un réservoir de 75 litres qui semble d'un seul coup un peu court puisqu'en ville et en tout terrain il a des consommations supérieures à 20 litres/100 kms. Côté tarifs, on frôle alors les 200 000 Francs au catalogue pour 16cv fiscaux. Puch proposera de son côté des séries spéciales 280 GE 1 et 280 GE 3 avec le montage d'équipements complémentaires comme des élargisseurs d'ailes, des montes pneumatiques supérieures, des sièges spécifiques, une peinture personnalisée ou encore un réservoir somme toute plus logique de...105 litres ! C'est cette motorisation qui sera exploitée par certains concurrents du Paris Dakar d'alors avec la victoire de l'un des équipage vedette de l'époque : Jacky Ickx et Claude Brasseur en 1983 (photo). Le G rentre alors dans la légende au point de toujours exister aujourd'hui et d'avoir été repris par les préparateurs AMG ou Brabus par exemple.

Sur un marché à la base professionnel voir militaire, la carrière du G connaîtra des évolutions logiquement très relatives. Un léger restyling interviendra toutefois en 1985 et verra les propositions moteurs réduites puisque seules les versions 230GE, 280GE et 300GD sont maintenues. La marque souhaite en fait sur notre territoire tirer son 4x4 vers le haut en le rendant plus confortable et en ne proposant que les motorisations hautes disponibles. Né concurrent du fameux Land 90 (ou Defender pour parler plus moderne), Mercedes oriente son viseur (la fameuse étoile sur le capot..) vers le Range Rover nettement plus haut de gamme. Le 240GD de 72cv n'est donc plus importé chez nous tout comme le 230G carbu de 90cv.

Le G version W460 sera revu techniquement pour être remplacé par une évolution présentée au Salon de Francfort 1989. Plus cossu, mieux finit les moteurs sont conservés mais deviennent plus avec le 280GE remplacé par le 300GE passant ainsi de 156 à 170cv et surtout le très demandé 300GD qui passe de 5 à 6 cylindres de 88 à 113cv avec une nouvelle alternative 250GD 5 cylindres de 94cv. 

Asssemblé à 50 000 exemplaires environ cette première série de G dite W460 ne sera pas officiellement exportée vers les Etats-Unis où la marque est pourtant présente. Des importation isolée via le fameux marché gris seront pourtant faites. La version "van" était également disponible hors France. Il s'agissait d'une version longue 2 portes car totalement tôlée à l'arrière. Le marché italien nécessitait à l'époque une variante du fait de sa réglementation fiscale pour les moteurs d'un cylindrée supérieure à 2.0 litres qui se voyaient lourdement taxés. Pour contourner l'obstacle, Mercedes proposa alors le 200GE qui a eu une puissance de 109cv. 

La série G dite W461 produite à la même période était la version "pro" destinée à l'armée, la police, les pompiers et toutes les autres administrations. Dépouillé de tout artifice de confort, il ne possédait pas de vitres ou de moquette ou tapis au sol par exemple.

Enfin, suite à l'attentat contre le pape Jean Paul II, la marque élabora une papamobile pare balle (photo) puis véritablement blindée par la suite.  

Valeur de transaction : de 10 000 à 15 000€ suivant état et surtout motorisation, le 300GD court étant le plus côté car increvable.

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La version Van :

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La gamme de 1980 :

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L'habitacle très simple : Commodo, volant, levier de vitesse,  pendule bien au centre, manivelle des vitres on est bien dans une Mercedes :

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L'habitacle "Puch" ou le jeu des 7 erreurs ! Notez l'option rare du compte tour éjectant ainsi la pendule au centre de la console :

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Le G version Puch :

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La version civile du Peugeot P4 avec une parenté militaire indéniable :

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La papamobile :

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Le proto en bois de 1972 :

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Le 280 GE du Dakar :

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photos internet