Initialement nommé Discovery, le projet du nouveau Range perd son nom lorsque la marque décide de commercialiser en 1989 un Range tendance "démocratique" qui reprend ce même nom. Après avoir tergiversé pour trouver un autre nom, finalement le Range restera Range et c'est tout simplement le code P38A qui deviendra P38 qui est retenu en interne. Tout simplement je disais car derrière ce code connu dans l'armement ou dans l'aviation se cache en fait le numéro de l'usine où il est conçu. 

L'enjeu de ce P38 est de taille : conserver toutes les qualités qui ont fait sa légende en les améliorant et surtout en modernisant l'ensemble tant sur le plan du design que de la technique.

Esthétiquement ce Nouveau Range Rover comme il est appelé, surprend par sa rondeur et ces lignes massives mais nettement moins tendues. S'il fait 24 centimètres de plus en longueur dont 20 pour l'empattement que le Classic, l'essentiel est subtilement conservé afin qu'il soit identifiable et classifié haut de gamme au premier coup d'oeil. Au delà de la ligne, les surfaces vitrées qui ont fait le succès de la version originale sont très logiquement au programme. Au volant on domine donc toujours la route, mais avec une sensation de confort absolu. En effet l'une des particularité de ce P38 est d'adopter la suspension pneumatique apparu sur à la version Vogue SEi sur le précédent opus. A cela s'ajoute toute la partie électronique et électrique embarqué avec des équipements à foison source de confort mais aussi.....de soucis de fonctionnement ! Vitres, toit, sièges tout est électrique, climatisation régulée, Hifi dernier cri avec commandes au volant, chauffage des sièges avec mémoire, gps couleur,.... on a changé de siècle à ce niveau tant le bon est important. Bienvenue dans l'ère de la galère électronique et du multiplexage.

Alourdi par son confort, ce Range compense avec des éléments de carrosserie en aluminium pour lui permettre d'acceuillir des moteurs dignes de son rang et maîtriser son poids (tout est relatif) sur un châssis entièrement nouveau. Sa suspension sophistiquée lui permet d'être aussi confortable sur route que performant en tout terrain avec une compensation permanente entre les 4 roues. Cette suspension à la fois double et indépendante connaîtra des problèmes de fiabilité entraînant un rappel massif du constructeur entre 1997 et 1998. Il est vrai que se retrouver "à terre" sur le bord de la route tel un Citroëniste également touché par le même mal fait désordre sur une clientèle de prestige.

Côté moteurs l'offre premium propose deux V8 essences issus du bon vieux 3.5 litres vieux de 25 ans déjà . Le 4.0 litres fournit 190cv pour un couple de 320Nm. Par contre un 4.6 litres de 225cv est également proposé avec un couple poussé à 380Nm. Malgré des chiffres qui peuvent interpeller, les performances de ces gros V8 sont faibles voir dépassées par rapport à la concurrence avec des motoristes comme BMW ou Mercedes par exemple. Justement c'est en choisissant le bloc diesel chez le constructeur bavarois que le rapprochement va s'opérer. Le 6 en lignes 2.5 litres séduit Land Rover de part son onctuosité et son nombre de cylindres au son nettement moins rustique que le 4 cylindres. Il faudra 4 ans aux anglais pour parvenir à adapter ce moteur sous le capot du Range, la principale difficulté résidant dans le fait que le moteur devait rester parfaitement lubrifié et étanche en conditions extrêmes de tout terrain. Boue, eau, gués, rien est épargné pour la mise au point et certains éléments techniques utilisés sur les V8 y sont logiquement adaptés. Le 6 BM développe au final 136cv avec un couple de 270Nm. Sur la route et le terrain, le Range ainsi motorisé souffre d'un réel déficit de puissance pour s'en sortir convenablement. 30 à 40 chevaux supplémentaires n'auraient pas été de trop. Las, comme chez BMW, ce bloc souffre régulièrement de ces joints de culasse régulièrement défaillants. Enfin notez que si les plus riches s'orientent très logiquement vers l'offre V8 essence, les futés feront une adaptation GPL dessus, augmentant encore plus sa consommation gargantuesque (comptez + 20% sur un moteur version GPL)  mais réduisant sa pollution et surtout son coût d'utilisation au kilomètre, le litre de GPL étant à 0.63€/litre en moyenne contre 1.41 pour le SP98 actuellement !  

L'habitacle permet d'avoir un cuir étendu de grande qualité. Les versions en velours font également leur effet. Les sièges avants et arrières sont au format XXL avec même des accoudoirs indépendants centraux pour les places avants. La sensation de salon roulant est totale. Le coffre conserve son ouverture originale en 2 parties mais c'est bien l'intégration de la roue de secours dans le plancher sous une trappe qui interpelle. Une version entreprise 2 places sera même homologuée par le spécialiste Durisotti. Mais c'est surtout à travers toutes les séries limitées que ce Range marquera les esprits par le haut. En 1995 tout d'abord avec l'apparition de la série que tout le monde a oublié mais reprise et déclinée sur plusieurs gammes en tant que finition ultime : l'Autobiography. Disponible alors uniquement sur les V8 (4.0 et 4.6 litres), les clients pouvaient sélectionner les options les plus haut de gamme dont le système dvd pour les places arrières encore peu répandu à l'époque. S'en suivront d'autres séries plus ou moins connues à quelques centaines d'exemplaires comme la 30 ème Anniversaire, la Bordeaux disponible en Grande Bretagne en 4.0 litres mais aussi en diesel et surtout la Holland § Holland à la tendance chasse présidentielle (!!) puisqu'associée à l'armurerie du même nom. La série la plus rare reste sans conteste la série Linley sortie en 2000 et basée sur la version 4.6 litres avec derrière un full options. Avec ces 12 couches de sa teinte unique noire, cette série n'a été assemblée qu'à ...10 exemplaires pour 100 000 £ de l'époque !    

La production du P38 cessera en avril 2002 avec une clientèle qui boude sérieusement le modèle pour attendre le remplaçant. Il faut dire que Ford aux commandes de la marque depuis quelques années ne souhaite plus défendre un produit conçu par l'ancien propriétaire BMW. Le haut de gamme affiché à presque 70 000€ hors options était la série Vogue motorisée par le V8 4.6 litres de 217cv. Le diesel plus abordable sur la grille tarifaire sera toujours le 6 en lignes BMW 2.5 litres de 136cv. Il faudra donc attendre la génération suivante pour avoir un diesel plus à sa dimension avec 177cv. Si le "6 BM" n'était pas d'une excellente fiabilité (joints de culasse), il a été "largement" diffusé proportionnellement aux versions essences qui ont connues pour leur par des soucis de culasses poreuse (surtout en 4.6 litres). Si l'on ajoute les multiples défaillances électriques, électroniques et la suspension, cette génération n'a pas de mal à se faire oublier. La nouvelle génération sous l'ère Ford se fait donc vivement attendre. 

 Valeur de transaction : de 4000 à 6000 € pour des produits courants. Certaines séries spéciales très luxueuses à kilométrage raisonnable  peuvent faire plus.

Le P38 :

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La superbe série Linley tirée à 10 exemplaires :

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La série Holland § Holland :

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Le Range équipé d'un snorkel ne fait pas de la figuration :

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La nouvelle planche de bord fortement électrifiée et avec l'apparition du gps couleur :

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Le coffre avec sa roues de secours intégrée au plancher et le chargeur cd sur la gauche :

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Le 6 en ligne BMW. Les connaisseurs reconnaîtront :

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La version V8 :

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photos internet