Méconnue et plutôt rare sur notre territoire, la Mazda 323 GT-R est une bête de course déguisée en sage berline. Son arrivée tente à l'époque de rompre avec l'idée que les voitures japonaises sont sportives mais sans plus et que seule leur fiabilité leurs permettent de finir bien placées lors des courses.

Pour comprendre son arrivée, il faut se remettre dans le contexte du championnat du monde des rallyes à partir de 1987. En effet, nous l'avons déjà longuement vu dans mon blog à travers plusieurs modèles emblématiques, la catégorie dite "groupe B" est stoppée en 1986 suite à l'escalade de puissance et des accidents mortels qui se succèdent. Les constructeurs qui souhaitent rester dans la compétition doivent se retourner vers la catégorie "A" avec une puissance bridée, des éléments de carrosserie de série et une obligation de produire une version dite "civile" à 2500 exemplaires. Parmi ces marques, Lancia est présent avec sa fameuse Delta passée de S4 en groupe B à HF 4WD en groupe A. Toyota marquera aussi le sport automobile avec son coupé Celica et Nissan également avec une Sunny 200 GTi R. Mazda lui présente alors une 323 GTX à moteur turbo et à 4 roues motrices. Il faudra alors tout le savoir faire de l'ancien champion du monde Timo Salonen pour en tirer le maximum.

Pour faire face à la concurrence, Mazda retravaille sa 323 en la confiant à l'équipe de compétition qui a gagné les 24h du Mans en 1991, lui permettant de rajouter une bonne poignée de chevaux. Esthétiquement seuls les boucliers ont pris du volume afin de répondre aux dimensions minimale en terme de longueur pour l'homologation de la voiture. Celui situé à l'avant accueille à présent d'énormes antibrouillards, monnaie alors courante dans le monde de la course. Le capot possède 3 grilles d'aérations destinées à l'aération du turbo, l'air entrant via le large pare choc refroidissant l'organe sensible tout en passant dans l'échangeur air/air devenu indispensable.

L'habitacle reste quasi de série puisque seuls les sièges avants sports, le volant 3 branches Momo et le levier de vitesse cuir laissent supposer que cette 323 est différente. Par contre point de pédalier alu, de moquette pétillante, de ceintures de couleur et en encore moins de bloc compteur spécifique. Tout est malheureusement gris ou noir façon "japonaise" de l'époque. Ne cherchez pas la pression de suralimentation tout se fait à l'oreille et avec une diode verte pour unique visuel. Ne cherchez pas de vitres électriques, la chasse aux kilos est de rigueur et les manivelles en bonne place ! A noter que seuls les appuis têtes avants marquent une touche d'originalité. Cette 323 semble bien pépère, à l'image d'un Timo Salonen de l'époque, tout calme, plutôt bien portant paraissant simple et facile à vivre mais qui une fois le chrono déclenché devient redoutable et l'opposé de cet arrêt sur image !  

Sur la route la bête semble quelque peu endormie. A la vue de son terrain de prédilection elle semble pourtant saliver et son "pilote" également. Mettez la sur une petite route sinueuse ou sur de la terre et dépassez le régime des 2500tr/min : c'est là que la métamorphose opère. Le siège sport semble alors bien léger et très utile. Plaqué bien au fond les rapports s'enchainent avec une adhérence totale et un équilibre global impressionnant ! Le 1.8 litres turbo de cette série développe 185 chevaux grâce à un turbo IHI qui souffle à 0.65 bars et son comportement typé on/off. Contrairement à ce que l'on pourrait penser, la répartition du couple s'effectue plus sur l'arrière (57%) que sur l'avant (43%). Le 0-100km/h est donné pour 7.2 secondes avec une vitesse de pointe donnée pour 218 km/h en...1992. Elle fut même mesurée à 221 km/h avec un 0-100 en 7 secondes. A noter que ce même moteur développait 210cv au Japon. Nous avons eu en fait la version catalysée norme Européenne oblige. Sportive à moteur turbo, la 323 parvenait à rester sous le seuil des 10 litres/100 kms le pied léger et dépassait sans scrupules les 20 litres en mode sport.

Produite à seulement 2200 exemplaires, 2000 à priori ont été vendues et seulement 200 seront immatriculées en France ce qui la rend pratiquement introuvable d'autant plus qu'une bonne partie des exemplaires ont été transformées pour participer à des championnats dans la catégorie "groupe N" c'est à dire les versions entièrement de série mais sécurisées. La marque remportera d'ailleurs le championnat de cette catégorie en 1993 avec cette voiture.

Assemblée de Septembre 1992 à avril 1994, les seules options possibles outre la peinture métal étaient la radio (celle que l'on promenait sous le bras pour aller faire ces courses), le cuir ou encore la climatisation. Une déclinaison semble avoir été proposée sous le logo de la série limitée "Fun Radio" entre mai 1994 et septembre 1994. Elle était proposée au même prix mais il n'est pas certain qu'elle possédait 4 roues motrices. 

Proposée au catalogue à 139 990F en Septembre 1992, la GT R succède donc à la GTX et chapeaute la gamme classique dont la version dite GT était alors la plus puissante même si de 140cv, elle était passée à 128cv une fois catalysée. Il est bon de rappeler qu'au même moment, une Delta HF Intégrale certes de 205cv se commandait contre un chèque de....240 0000F hors options, une Nissan Sunny était proposée à 178 500 F pour 220cv ou encore une Toyota Celica turbo contre 222 122 F avec 220cv pour la version Calos Sainz. La 323 était donc sous cet angle une bonne et rare affaire.

Valeur de transaction : 10 000€ d'origine ne parfait état.

 

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L'habitacle commun...

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La version course :

1993 MAZDA 323 PORTUGAL

 

La précedente : la 323 GTX :

1986-Mazda-323-GTX-Rear

photos internet