Voilà seize ans maintenant, Alfa présentait un concept car au Salon de Genève de 2002 afin de remplacer sa GTV en toute fin de carrière. Un Concept by Alfa est toujours un évènement qui plus est de cette qualité et avec cet aboutissement puisqu'il est bel et bien roulant. Conçu sur une base de berline 159, il est l'oeuvre d'un  designer bien connu chez Ital Design : un certain Giugiaro. La ligne est époustouflante. Si la face avant est sans ambiguïtés avec la berline dont elle dérive, les lignes sont d'une fluidité dont le design italien a le secret pour faire mouche à chaque fois. L'oeuvre est là sur le stand. Rouge Alfa, elle est magnifique. Le pare brise se prolonge tellement qu'il fait corps avec le toit qui est donc vitré mais suffisamment noir pour contraster parfaitement avec la teinte carrosserie. Le hayon entièrement vitré lui aussi donne accès à un coffre aux allures de boîte à gants. Mais l'essentiel n'est pas là. L'ouverture des portes en élytres façon Lamborghini diront certains, ou façon Renault Twizy pour d'autres, est magistrale. Enfin les lignes arrières, de sa proue,toutes arrondies font corps avec les splendides sorties d'échappement chromées. Elles ne sont d'ailleurs pas factices. En effet, ce concept est don roulant et mue par un V8 Maserati de pratiquement 400cv. Autant dire que la Brera soigne ces lignes et ces perfs. L'intérieur n'est pas négligé puisque cuir, plaquages laqués et aluminium sont de mise, le tout avec une sono très haut de gamme. Fidèle à son histoire, l'Alfa chante aussi bien sous le capot que dans l'habitacle. L'acceuil du public est tel au salon que la marque décide d'aller au delà du concept au point d'envisager une industrialisation.

Il faudra toutefois attendre 2005 pour revoir la Brera mais à l'état de pré-série et ce toujours au salon de Genève. Si la version définitive est plus courte que le concept, elle n'en garde pas moins sa vocation sportive à travers son coup de crayon toujours aussi réussit et des détails esthétiques tels que les triples optiques ou les doubles sorties d'échappement. Par contre les fabuleuses portes à ouverture atypiques ou le pare brise panoramique en guise de toit ne résiste pas au cahier des charges définitif comme c'est souvent le cas dès lors que l'on pense coûts de production. Exit également le V8 ! Maserati qui n'est pas encore sous la coupe de Fiat craint une concurrence sur le marché du coupé et refuse donc la vente de son bloc. Fort de cette décision, la maison mère traite avec General Motors qui possède dans sa banque d'organe un V6 3.2 litres d'origine Australienne mis au point par sa marque locale Holden. 

C'est cette motorisation qui est bien évidemment choisie pour la présentation presse début 2006. Fort de 260cv, le V6 apporte un certain agrément et surtout une onctuosité à la voiture. Bien loin du V8 imaginé sur le concept, bien loin du chant du feu V6 Alfa d'antant, la marque met en avant une transmission intégrale Q4 pour convaincre de l'optimisation et efficacité du châssis avec une tenue de route très efficace. D'ailleurs cette appellation Q4 déposée par le groupe Fiat empêche encore aujourd'hui Audi de sortir un SUV avec cette dénomination... Quoi qu'il en soit, pour séduire la presse spécialisée, le constructeur italien fait, comme toujours, largement appel à la liste des options afin de présenter une voiture aussi proche du concept original que possible. La finition dite SkyView est prise pour base. Sa particularité est d'offrir une luminosité exceptionnelle à l'intérieur par la présence d'un toit panoramique distinct toutefois du pare brise contrairement à l'idée initiale véritable chef d'oeuvre technique mais non industrialisable. Extérieurement la Brera présentée adopte de magnifiques jantes alu de 18 pouces ainsi que des feux bi xénons munis de lave phares. Intérieurement, Alfa rajoute un cuir pleine fleur en option (cuir et autres matières de série sinon) des sièges électriques chauffants, une planche de bord en cuir également ainsi qu'une hi-fi de marque Bose couplée à un système de navigation avec vision de type birdview et système bluetooth. Bref ainsi équipée la Brera passe d'un peu plus de 44 000€ à pratiquement 55 000€. Pour rendre son modèle plus accessible, Alfa proposera dès 2006 une version 4 cylindres 2.2JTS à injection directe de 185cv. Relativement puissant sur le papier, le bloc nécessite une montée permanente dans les tours pour avoir un sentiment sportif au volant. Le boost d'un turbo aurait été bien venu car les économies liées à l'injection directe d'essence ne sont pas réellement visibles. Frustrante cette motorisation permettait à la gamme de débuter ainsi à 33 850€ perdant au passage pas mal d'équipements de luxe mais conservant une climatisation régulée, les jantes alu mais en 17 pouces, la radio avec commandes au volant ou encore le régulateur de vitesse et surtout sa ligne réussie. Dès 2006, la marque propose aussi une version diesel qui sera fort logiquement la plus plébiscitée chez nous. Là aussi, Alfa tente de mettre les petits plats dans les grands puisqu'elle propose sa Brera avec le 5 cylindres 2.4 litres de 200cv. Sa sonorité atypique séduira les rouleurs qui apprécient son allonge via son couple généreux. En 2007, la puissance sera portée à 210cv tandis qu'en 2009 une version 4 cylindres diesel de 170cv apparaîtra au catalogue. Ce petit moteur permettra à la marque de disposer d'un diesel sous la barre des 35 000€. Pauvre en évolutions moteurs, la Brera recevra néanmoins un nouveau bloc 4 cylindres turbocompressé en 2009. Issu de la 159, ce moteur dénommé 1750 TBi dispose de 200cv pour un couple de 32,7mkg disponible à 2000tr/min contre seulement 23,4mkg perché à 4500tr/min pour la 2.2 JTS

En commercialisant sa Brera coupé, Alfa travaillait alors à l'achèvement d'une déclinaison cabriolet. Dénommée Spider, elle apparaît dès février 2006 avec le 2.2JTS et le V6. Le diesel ne sera proposé qu'en 2007... poussé par un marché sur-dieselisé, carrosserie et motorisation restant à mon sens incompatibles philosophiquement. La gamme débute alors à 36 500€ pour le cabriolet JTS. Les motorisations et finitions sont semblables au coupé y compris la version Q4. Toutefois la ligne du spider doit être retravaillée. C'est qui est en charge du dossier. La voiture décapotée est très bien équilibrée avec une poupe sculptée même si elle perd ces 2 (petites) places arrières. Ces ailes arrières sont galbées, ce Spider est très élégant en faisant ressortir ces doubles arceaux et doubles bossages coiffés d'aluminium. La ceinture de caisse est bien évidemment renforcée afin de maintenir une rigidité convenable et ne pas avoir un châssis qui vrille sur la route.

Modèle à part dans la gamme Alfa, la Brera ne connaîtra que deux séries spéciales et limitées en fin de carrière. La première est la "Italia Independant" (du nom de l'enseigne de vêtements) sortie entre 10/2009 et 06/2010. Diffusée à 900 exemplaires, elle se caractérisait par sa teinte spécifique et unique titane mat. Proposée uniquement avec les motorisations essences 4 et 6 cylindres en boîtes mécaniques ou automatiques ou assimilées (Selespeed et Qtronic). La version V6 existait également en Q4. Habillée de jantes de 18 pouces de couleur mat également, l'intérieur était paré de cuir noir à surpiqures rouges, d'un pédalier alu ainsi que d'inserts carbones pour un meilleur effet. Les tarifs tournaient autour de 35 ou 36 000€ pour les 4 cylindres et 46 à 47 000€ pour les versions V6.

La Grande Bretagne eu droit pour sa part à la "Limited Edition" sur base Brera Spider. Proposée uniquement à 200 exemplaires en version 2.2JTS de 185cv, elle était proposée en rouge Alfa bien sur mais aussi en blanc et noir. Sa particularité était d'avoir notamment des jantes de 19 pouces ainsi qu'une sellerie cuir avec sièges électriques chauffants et le système bluetooth maison "blue and me". Elle était vendue à priori pour l'équivalent de 25 500€.

Fort de ces atouts esthétiques, la Brera connaîtra un début de carrière plutôt ambitieux puisque 8248 exemplaires seront commercialisés en 2006, sa première année pleine où elle est disponible sur l'ensemble des marchés visés. Mais dès 2007, elle repasse sous la barre des 4800, puis 3800 en 2008 pour végéter avec une réputation de finition et de fiabilité mécanique à plus ou moins 1500 exemplaires par an pour les années 2009 et 2010. Au total 21 661 Brera toutes carrosseries confondues seront donc produites soit .... 2 fois moins que la GTV qu'elle devait remplacer. Personnellement avec le recul, la Brera reste à mes yeux un bel objet sur lequel il ne faut pas ouvrir la porte ni mettre la clé dans le neiman pour ne pas noircir le tableau instantanément tant l'habitacle viellit mal et la fiabilité mécanique reste très aléatoire. Bête à chagrin elle le reste encore plus aujourd'hui et cela se récent sur les valeurs de marché. Fort heureusement, la Brera aura une succession avec une approche bien différente et très exclusive à la hauteur cette fois de la réputation de la marque : la 4C dérivée du prestigieux programme 8C.

Valeur de transaction : entre 6000 et 7000€ pour une 2.2JTS ou 2.4JTD et 8000 à 9000€ pour une V6. Le seuil des 10 000€ peut être atteint sur certaines versions particulièrement propres avec moins de 100 000 kilomètres. Toutefois une 2.4JTD empêtrée dans des problèmes mécaniques de type fap colmaté, pompe injection à pression irrégulière, ou encore de volant moteur peut descendre sous les 3000€.

 Le coupé Brera certainement dans sa meilleure teinte :

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La version Spider extrapolée du coupé :

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La splendide version "Italia Independant" gris mat :

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Le V6 3.2 litres d'origine General Motors / Holden :

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Le 2.2JTS essence de 185cv :

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Le fameux 5 cylindres 2.4JTD 20v diesel bien encapsulé :

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La planche de bord de la version de série :

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Et celle de la série spéciale "Italia Independant" qui fait la part belle au cuir et inserts en carbone:

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Le concept Brera de 2002 :

 

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Le V8 Maserati 2TAIT BIEN EN PLACE /

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Le tableau de bord qui ne résistera pas, hélas, à l'industrialisation : 

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photos internet