Le Kia Sportage est bel et bien aujourd'hui le véhicule de la marque coréenne qui possède des volumes de ventes les plus importants à l'échelle planétaire passant ainsi depuis quelques années maintenant devant sa fameuse berline Rio. Il faut dire que Sportage est souvent synonyme d'esthétique réussit et design dynamique voir à tendance sportif. En fait c'est à partir de la troisième génération de 2010 qu'il a marqué véritablement les esprits. Aujourd'hui la quatrième génération sortie en 2016 est loin, très loin de la première version élaborée en 1993. Pourtant à sa sortie le Sportage tentait de séduire sur un segment alors quasi inexistant,surtout chez nous en Europe, et ce avec un design pas des plus avantageux.  

Nous sommes au début des années 90 lorsque Kia a pour ambition de se développer hors Asie et signe alors un accord de coopération avec Ford et Mazda. L'idée d'un petit 4X4 compact naît rapidement dans les esprits coréens qui n'ont alors ni les capacités de développement ni la technologie adaptée à ce type de véhicule. Kia se sert alors chez Mazda pour le châssis et les parties techniques mais aussi moteurs. La base de conception choisie par les coréens est l'utilitaire Bongo de Mazda. Connu chez nous sous le nom de Nissan Vanette, le Bongo dont les origines remontent au début des années 60 et dont l'histoire sera stoppée en 2010 est donc un fourgon souvent vitré que Mazda revendra à Ford, Nissan ou encore Mitsubishi.Entre temps, si un rapprochement entre Kia et le groupe Daimler a été envisagé allant même jusqu'à l'ellaboration d'environ 25 véhicules de préséries qui resteront sans lendemain, Kia se réorientera finalement chez Mazda afin de conclure son projet et ponctionner moteurs, boîte de vitesse et transmissions chez le constructeur japonnais. La production est alors lancée en Corée avec comme base une version standard 5 portes mais aussi une version plus courte 3 portes cabriolet. Une extrapolation pour l'Asie sortira à partir de 1996,marchés souvent friands de versions longues ou limousines comme de nos jours en Chine. Cette version dite Grand Wagon permettra de positionner la roue de secours sous le plancher et non pas sur le hayon comme nous la connaîtrons avec son articulation spécifique en Europe comme dans le reste du monde.

C'est en septembre 1994 que l'assemblage débute pour l'Europe via le constructeur Ford et ce chez le carrossier Karmann. Pour mémoire Karmann c'est la production de modèles emblématiques allemands parmi lesquels on trouve certaines Porsche 356 ou 911, des Ghia, VW Scirocco (déjà dans mon blog), et plus proche de nous les Mercedes SLK. Karmann indépendant mais lié avec certains constructeurs (dont Ford) disparaîtra hélas en 2010 ajoutant son nom à une longue liste devenue trop longue de carrossiers disparus.  Kia pour, sa part souhaite conquérir l'Europe mais part de loin sur le vieux continent et plus particulièrement en France où la gamme se résume à la berline Sephia aussi discrète que ces volumes de ventes et sur laquelle aujourd'hui personne ne sait à quoi elle ressemblait. Arrivé très discrètement au catalogue français, le Sportage fait plonger la marque sud Coréenne sur ce marché alors dit de niche où seul Toyota en Europe s'est aventuré depuis le mois de juillet 1994 seulement avec celui qui n'est pas encore un best seller, celui qui ne se nomme même pas encore Rav 4 : le Fun Cruiser. Kia tente de surfer sur la même vague pour forcer ces ventes notamment en France mais avec un manque total d'image de marque, d'image de baroudeur ou encore de maîtrise du 4X4. Arrivé en France dans les rares concessions (souvent Mazda en parralèle) en novembre 1994, les premiers volumes passeront aussi via les ventes aux enchères publiques dans la banlieue nord de Paris juste après leur déparaffinage de protection et une immatriculation en amont afin de les considérer comme véhicules d'occasions et doperainsi les ventes. Autant dire que c'était une affaire financière pour les acheteurs qui oseront alors se lancer si le design et le modeste réseau Kia d'alors ne les rebutent pas. Pour ce qui est de la finition et de la qualité intrinsèque des matériaux, rien à dire on est dans les standards d'Asie et l'on peut dormir sur ces 2 oreilles. Et clairement pour l'avoir constaté, nous étions alors aux enchères bien loin des 119 900 ou 145 000F des 2 uniques versions proposées en France à ces débuts à savoir la 2.0 litres 95cv MRI et la version de 128cv MRD qui plus est bien équipée. Il faut dire que Kia s'était quelque peu calqué sur les tarifs que Toyota quelques mois plus tôt sans avoir d'antériorité sur le marché.

Côté moteurs, Kia adopte donc le 2.0 litres moderne Mazda à double arbre à cames. Fort de 128cv, le Sportage avait des performances limitées de part son aérodynamisme et sa consommation importante. Des déclinaisons à simple arbre de 117cv puis 95cv seront également proposées mais c'est surtout une version 2.0 litres turbodiesel de 82cv qui sera attendue en France, même si une version atmosphérique de seulement 70cv a été au début envisagée. Disponible en 2 ou 4 roues motrices, il était bien évidemment disponible en boîte automatique mais sur les versions essences uniquement. Si extérieurement la base stylistique s'est rapidement prêtée à des dérives de tuning plus ou moins réussies (pare buffle, marches pieds latéraux ou vitres fumées pour les moins surchargés), intérieurement la présentation était triste et faite de plastiques noirs et gris anthracites brillants. Le haut de gamme 128cv dénommé SSP avait accès au luxe de l'époque à savoir la climatisation, les jantes alu et l'autoradio k7 de série mais pas intégré à la planche de bord. 

Vendu en Asie, en Amérique et en Europe, le Sportage verra sa carrière essentiellement stoppée en 2002 suite au rachat de la marque par Hyundai, même si certains pays le conserveront au catalogue. Ce premier opus qui n'était pas exempt de problèmes de mise au point et de fiabilité a faillit ne pas avoir de successeur. Sa fin officielle est datée de 2005 et Hyundai relance un nouveau programme sur une base de sa berline Elantra pour faire cause commune avec celui qui sera alors un succès. Le Sportage 2 ressemble alors logiquement au Hyundai Tucson et aura droit à un moteur nettement plus noble : un V6 2.7 litres de 175cv.

Valeur de transaction : +/- 2000€ pour un véhicule en bon état et selon motorisation et transmission (2x4, 4x4). Les diesels plus robustes tiennent plus la côte.

Le Sportage premie du nom : 

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La version 3 portes cabriolet :

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Le Grand Sportage disponible uniquement en Asie :

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L'habitacle froid et sans saveurs :

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Le Mazda Bongo pris comme base de développement connu chez nous à une époque en tant qu'utilitaire Nissan Vanette :

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photos internet