Véritable produit anti choc pétrolier, l'AX sera présentée officiellement en 1986 suite à un projet Talbot datant de 1981 et avorté pour cause de disparition de la marque. En effet, c'est lors du second choc pétrolier de 1979 que l'Etat pousse nos industriels automobiles nationaux à concevoir des véhicules nettement moins energivores à défaut d'être réellement écologiques. Talbot qui tente de survivre avec sa Murena et surtout  ces Tagora et Solara planche activement sur le remplacement de sa Samba dont le succès n'est plus contesté puisque repris par Peugeot pour devenir 104.

Rattrapé par les difficultés financière, Talbot cède son projet qui est alors confié à Citroën. La marque aux chevrons avait déjà anticipé cette nouvelle approche automobile avec sa Visa et surtout sa BX. Légère et possédant un bon coefficient de pénétration dans l'air, cette citadine est démunie de direction assistée car elle peut parfaitement s'en passer tant elle joue dans la catégorie des poids plumes. Il faut dire qu'avec ces plus ou moins 700 kilos sur la bascule (pour ces motorisations essences les plus courantes), elle n'a pas de mal à réduire la facture énergétique avec des consommations d'homologation records grâce à de nouveaux moteurs à carburateurs puis, normes Euro oblige, équipés d'une injection. D'ailleurs dans cette démarche d'optimisation, la marque présentera même un concept Eco en 1993 sur base d'AX allégée et profilée pour obtenir une consommation de 3.0 litres/100 kms (photo).

La première AX à sortir est la version 3 portes. C'est tout à fait logique puisqu'elle prend le relais en juillet 1986 de la Samba de Talbot (origine du projet) et de la LNA arrivée en fin de vie et dont la production est stoppée en juin de cette même année.  Les version 10 E ou 11 RE auront 2 ans plus tard en juillet 1988 (millésime 1989 donc) le renfort de la version 5 portes qui sera très attendue et appréciée. L'intérieur est spartiate puisqu'elle reprend le volant monobranche et possède 2 boîtes à gants dont les trappes de fermeture sont peu académiques. Mais elle possède surtout  (et ça tout le monde l'a oublié !) 2 rangements porte bouteilles de 1.5 litres (d'eau évidemment) dans les portières ! Entre temps la gamme s'était vue étoffée par une version 1.4 litres carbu de 75cv (10/86). La version sportive n'apparaitra qu'en juillet 1989 avec l'appellation Sport. Produite sur 2 années ( dont 5000 exemplaires sur 1987 pour la première mouture), le 1.3 est muni d'un carburateur double corps et atteint 95cv. Les performances sont alors satisfaisantes pour un véhicule volontairement allégé puisque destiné aux pilotes amateurs en vue d'une homologation en rallye. L'habitacle de série revêt quelques touches de sport avec un volant 3 branches, un petit compte tours et des sièges sports et s'allège visuellement en perdant ces trappes de boites à gants par exemple.   

Lancée en 1986, l'AX sera retouchée en 1991 afin de lui proposer une fin de carrière en douceur avec un habitacle revu, plus cossu (c'était pas vraiment difficile) et avec des finitions qui pourront dorénavant porter enfin un nom qui ne sera plus l'apanage des série spéciales ou limitées comme ce fut le cas sur ces premières année (K-Way, Air France Madame,...). D'ailleurs avec cette version restylée, on a le sentiment que Citroen a mis en place une véritable cellule marketing sur son produit tant les noms et les versions se multiplient : First, Caban, Image, Allure, Exclusive, Volcane, Escapade, Harmonie, Audace, Mutine, Spot, Miami, Prestige, Ten, Tonic,Reflet, Thalasso, Saxo,Club, Prestige, la liste n'en finit pas s'accélérant même logiquement à l'approche de la fin de carrière. Et encore il s'agit là des séries françaises les plus connues, l'Allemagne ou la Grande Bretagne étant aussi bien lotis en séries spéciales. L'AX bénéficie également de choix techniques aujourd'hui en partie oubliés. Certes les plus ferrus se souviennent de la version sport GT mais aussi de la GTi. Cette sportive à injection lancée en juillet 1992 aura une puissance portée à 100cv. Avec 800 kilos sur la bascule, cette ultime évolution permet à l'AX d'être dans la cour des vraies sportives. Souple au quotidien, le bloc 1.4 n'a pas de mal à propulser la voiture d'un virage à l'autre. Je vous laisse apprécier l'approche sportive de l'habitacle ... Manifestement la marque n'avait plus de budget ! A l'opposé, Citroen lancera une version diesel tout d'abord avec le 1360cc de 53cv puis en 1994 avec le 1528cc pour 58cv. Véritable chameau des routes, l'AX devient un exemple de consommation (bien aidée par sa masse) à défaut d'être un modèle de confort pour les gros rouleurs. Le constructeur a même lancé en partenariat avec Michelin une gamme de pneumatiques dits "verts" puisque à faible résistance. Sur la route si les pneus font effectivement gagner quelques décilitres de gaz-oil, certains se feront quelques frayeurs sous la pluie les pneus étant effectivement à faible résistance ! 

Mais une autre version a été commercialisée afin de concurrencer une petite italienne qui poursuit aujourd'hui toujours sa route : La Panda 4X4. Proposée en 3 et 5 portes, cette AX possédait un pont arrière enclenchable à souhait depuis une commande du tableau de bord la transformant également en 4x4. Commercialisée de juillet 1991 à juin 1992, elle rencontrera un succès très limité et sera relayée par une série limitée afin de vider ces stocks de pièces semble t-il trop ambitieux : l'AX 4x4 Piste Rouge (12/91 à 04/92). Cette 4x4 sera reconduite sans finition commerciale particulière mais avec une injection sur son 1.4 litre. En fin de carrière la finition SX refera toutefois son apparition (1995 à 1996).

Si la version 4x4 a bien aboutie industriellement, d'autres évolutions seront avortées. C'est le cas d'une version cabriolet restée à l'état de dessin (ou de transformations de spécialistes à très peu d'exemplaires) et censée succéder à la Talbot Samba cabriolet. Peugeot, préférera logiquement placer sa 205 en plein essor. C'est le cas également d'une version break élaborée par Heuliez. Le carrossier français était à l'époque en partenariat avec Citroen puisqu'il avait conçu et assemblé les CX breaks mais aussi les BX et XM. Cette AX dite Evasion, présentée en 1988, à la surface vitrée augmentée était munie d'un toit ouvrant vitré à l'avant mais possédait surtout 7 sièges grâce à un empattement allongé de 23 centimètres ! Motorisée par le 1124 cm3 avec une boite 5 vitesses, elle sera refusée par la marque. Cet unique exemplaire gris clair fut repeint en vert métallisé en 1992 en changeant ces feux pour faire croire à une phase 2. Mais Citroen refusa à nouveau. L'exemplaire  neuf,sans carte grise, sera vendu aux enchères lors de la vente des bijoux de la marque pour 4275 Euros clé en main !

Enfin, comment ne pas parler de la version électrique ? En ce début des années 90, Renault met déjà au point des Clio 100% électriques. PSA doit répondre avec un ou des produits similaires. Mais à l'heure d'aujourd'hui, de l'hybride rechargeable, ou de la citadine avec ces 300 à 320 kms d'autonomie, l'AX électrique lancée en 1993 (phase 2) et ces 70 kilomètres (autonomie d'un Renault Twizy) semble précurseur mais surtout complètement dépassée ! Techniquement le moteur a une puissance similaire aux versions Hybrid4 de PSA soit 27cv (les 37cv annoncés n'étant disponibles qu'en position Sport). De ce fait et compte tenu du poids des batteries (environ 250 kilos), la voiture légère à l'origine ne l'est plus vraiment et parvenait difficilement à atteindre sa vitesse de pointe de 90km/h !  Visuellement très proche de l'AX de grande série, la version Electrique se distingue par sa trappe de recharge sur son aile avant droite qui est d'ailleurs une aile version export (avec rappel de clignotant latéral). Dans l'habitacle, seul le bloc compteur est modifié pour faire apparaître la puissance moteur instantanée utilisée en lieu et place du traditionnel compte tours et une jauge d'énergie en lieu et place de la jauge à carburant. Le levier de vitesse a totalement disparut au profit d'un simple cache et la marche arrière s'enclenche via un bouton poussoir à gauche du volant. Sous le capot, la mécanique thermique a été remplacée par un moteur Leroy Sommer. Ce nom de fabricant vous dit peut être quelque chose. Il a en effet été conservé depuis l'essai et la petite série réalisée quelques années plus tôt sur des utilitaires Peugeot J5. Installé sur Poitiers, Leroy Sommer est idéalement situé par rapport à l'assembleur de la version électrique, Heuliez, basé non loin de là dans les Deux Sèvres. Avec l'AX électrique, PSA avait lancé la production de la 106, en partenariat avec la ville de La Rochelle qui se voulait à la pointe des technologies via son maire de l'époque et premier des ministres de "l'environnement" (Michel Crépeau) avec l'implantation de bornes de recharge et d'un système de location. Autolib avant l'heure ? Probablement. En dehors de cette cité très agréable à vivre, ls voitures étaient vendues aux administrations en 2 ou 5 places mais aussi aux particuliers. Toutefois, les réseaux des deux marques ne maîtrisant pas la technologie et n'étant pas agréés pour assurer leur maintenance n'en vendent que très très peu. Le prix de vente 50% plus cher qu'une version thermique finira de dissuader les plus motivés d'alors. D'ailleurs cette électrique possède en fait 2 moteurs, le Leroy Sommer pour la traction et un petit diesel pour le chauffage de l'habitacle (avec un réservoir de 8 litres). Après des débuts enthousiaste à défaut d'être prometteurs, c'est Mr Calvet lui même qui inaugure la chaîne de production chez Heuliez et qui fait même implanter sur place une cellule de suivi et de qualité avec des ingénieurs PSA.  Au final, l' AX Electrique sera la moins produite des trois avec 690 exemplaires contre 3540 Saxo et  2770 Peugeot 106. On est donc bien loin des 40 000 exemplaires électriques annuels envisagés !  

 Au total l'AX se sera vendue à pratiquement 2.5 millions d'exemplaires. Pratique, légère elle a su être pratique,économe et pouvant apporter quelques sensations sportives pour les versions les plus pointues. La 4x4 et l'électrique restent bien évidemment les moins répandues et de très loin.

Valeur de transaction : 4x4 plus ou moins 5000 € selon état et kilométrage. L'electrique est bien trop rare et il n'est pas sûr que cela fasse envoler sa côte.

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L'AX en version GTi :

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Et son interieur "sport" :

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L'habitacle de la première mouture simple mais avec cendrier et allume cigare en bonne place :

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La version Sport Ph1 : Outre le compte tour notez le pommeau plastic en immitation cuir (avec une couture au milieu !) :  

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Le projet initial Talbot :

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Puis rebadgé :

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La version 4 x4 :

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Intérieurement seul le bouton permettant d'enclencher le pont arrière permet de la distinguer :

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La roue de secours est maintenue diminuant quelque peu le volume de coffre :

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L'AX Evasion d'Heuliez : 1 porte d'un côté, 2 de l'autre et ...7 places ! 

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Une des très rares version BB cabrio par un carrossier Portugais vendue l'équivalent de 15000€ d'aujourd'hui :

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Une autre transformation d'un représentant de la marque. Il semble que 15 exemplaires ont été construits :

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L'AX électrique :

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Le concept optimisé ECO :

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 photos internet